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Exposition – Roland R. Favre à la Maison de la Culture, Savièse

HIVER, encre, 30x20cm, 2020, Roland R.Favre
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Exposition d’encres, d’aquarelles et de collages de l’artiste Roland R.Favre à la Maison de la Culture, Savièse, du 14 août au 18 octobre

« Ouverture vers le haut »

C’est à travers ce thème céleste que l’artiste peintre valaisan Roland R. Favre a choisi de faire son retour pour présenter une soixantaine de ses nouvelles œuvres. Inaugurés à l’occasion d’une exposition à la Maison de la Culture de Savièse, ses encres, aquarelles et collages seront exposés aux côtés de plusieurs carnets de route de l’artiste ainsi que trois de ses livres. Des visites guidées sont également prévues pour venir à la rencontre de l’artiste et de son univers pictural et littéraire. Un intermède musical viendra ponctuer l’exposition le samedi 5 septembre.

Fin observateur des saisons et de la nature, et en constant renouvellement artistique, Roland R. Favre s’empare de la matière en faisant dialoguer peinture, écriture et poésie nous livrant ainsi une cartographie du monde imagé entre visible et invisible. Une cartographie de son espace créatif qui déborde et qu’il borde afin de laisser en apparence, l’être intérieur créatif habiter l’œuvre.

BLUE MAYENS, HIVER, encre 30x20cm, 2020
photo©studiobonnardotsion
BLUE MAYENS, HIVER, encre 30x20cm, 2020
photo©studiobonnardotsion

 Peindre c’est pour moi une correspondance poétique avec l’ouvert, l’infini.
Cette correspondance et ce dialogue avec le monde créent des voies d’accès, des passerelles conjugant réel et imaginaire, associant actes de voir et de percevoir. Saisir ces moments privilégiés fascinaient déjà Héraclite et ont généré des relations organiques entre craies et couleurs, plumes et pinceaux, main et pensée…
Ainsi la création est une forme personnelle de dialogue avec le monde, une médiatrice entre pensée et réalité. Entre Mark Rothko et Lee Ufan a été générée une dynamique des espaces ouverts, des mondes de résonances.
A travers les siècles, cette philosophie a engendré des moments artistiques sans limites dans le monde entier.
Rencontres avec le monde, la nature, les choses, tel pourrait se définir l’acte
créatif du philosophe, du peintre et du poète. Il s’agit avant tout de percevoir
le visible et l’invisible, ceci non seulement une seule fois mais de façon répétitive. Pour conclure, répétons avec Alberto Giacometti “Refaire chaque jour l’immémoriale invention qui restera toujours à faire”. 

Roland R. Favre 6.1.2020

MAYEN, encre 20x30cm, 2020
photo©studiobonnardotsion

«Ouverture vers le haut» du 14 août au 18 octobre 2020
Du jeudi au dimanche de 14h à 18h – Entrée gratuite

Finissage le 18 octobre dès 15h00

Visites guidées de l’artiste
5 septembre – 3 octobre à 18h00

Intermède musical
Samedi 5 septembre à 19h00
Avec Lina Luzzi, violoncelle et Anaïs Soucaille, violon

Visite en patois en présence de l’artiste
Vendredi 18 septembre à 18h00
Par la Fondation Bretz-Héritier

Les cinéastes suisses racontent le «lockdown»

Trois producteurs suisses, dont Frédéric Gonseth, ont voulu permettre à 80 cinéastes d’offrir leur vision de la pandémie et du confinement qui l’accompagne. 33 projets mêlant divers genres, du documentaire à l’essai en passant par la fiction, ont été sélectionnés et réalisés avec les moyens du bord. Avec le soutien de l’Office fédéral de la culture et Cinéforom (avec la Loterie Romande et les cantons romands).
source rts.ch

Voir les films de la collection «Lockdown»

Interview de Frédéric Gonseth, réalisateur-producteur, président de l’Association CULTURE ENJEU.

La production culturelle romande dans le brouillard face à la reprise

Dans une tribune publiée dans Le Temps neuf associations professionnelles du cinéma, des arts vivants et de la musique appellent les autorités à une concertation avec les milieux culturels pour développer des mesures d’accompagnement de la reprise en particulier dans le domaine de la création et de la production.

Le domaine culturel, durement frappé par la pandémie, est caractérisé par le travail indépendant, intermittent et la précarité de l’emploi. La perte de contrats et de revenus constitue une menace importante. Les associations professionnelles romandes invitent les cantons à poursuivre le dialogue pour trouver des solutions.

La Suisse romande est riche en festivals, musées, théâtres et institutions culturelles. C’est un pôle de création et de production artistique fort. Toute démarche qui vise à améliorer les mesures actuelles de soutien de la Confédération ou en proposer de nouvelles devra passer par une concertation avec les cantons pour garantir une élaboration et une mise en œuvre qui corresponde à la réalité du monde culturel dans chaque région.

Alors que le dé-confinement a démarré en Suisse, une grande incertitude règne encore sur le domaine culturel, en particulier la production artistique. Chaque association professionnelle doit élaborer un concept sanitaire permettant de redémarrer. Le domaine culturel est composé d’une telle diversité de métiers qu’il faudra se concerter entre différentes associations pour éviter des incohérences sur des projets qui impliquent plusieurs secteurs ou des collaborations internationales. Nous sommes prêt·e·s à relever ce défi, mais pour empêcher l’effondrement de la production culturelle romande il est impératif que ces plans sanitaires aillent de pair avec l’évaluation des mesures de soutien pendant la crise et l’élaboration de mesures de relance.

Les modes d’élaboration des œuvres (préproduction, production, postproduction et diffusion) induisent un processus dont l’arrêt aura des effets dans la durée. Inutile d’ouvrir un théâtre le 8 juin, si la saison est terminée et que les compagnies n’ont pas pu créer ni répéter leurs œuvres. Inutile d’autoriser un festival, si les artistes étrangers sont encore en confinement dans leur pays. Impossible de commencer la post-production des films qui prendront encore plusieurs mois à être tournés. Il faut trouver des solutions pour que la culture continue à bénéficier de mesures de soutien.

Proposer des mesures adéquates pour les salarié·e·s intermittent·e·s sera plus que nécessaire car toute activité aura été impossible. Pour ce qui est des indépendant·e·s nous pensons, par exemple, que calculer les APG sur les trois dernières années, et non pas seulement la dernière, serait plus adapté et équitable. Il est courant dans la culture d’avoir des revenus fluctuants d’une année à l’autre. Il faudrait inclure les frais professionnels dans les calculs APG. Ce n’est pas parce qu’un·e professionnel·le ne peut plus travailler que le loyer de son atelier ou les frais d’entretien du matériel ne sont pas effectifs.

Pour la relance, il faudra développer des mesures au-delà des aides bienvenues que la Confédération et les cantons ont d’ores et déjà mises en place. Dans notre secteur, les contrats de courte durée sont la norme et en temps normal de nouveaux projets – et donc de l’emploi – se seraient concrétisés à cette période. Les festivals d’été annulés n’avaient pas encore établi les contrats pour les personnes nécessaires à leur fonctionnement. Ces contrats ne peuvent pas être indemnisés puisqu’ils n’ont jamais été établis. Pourtant, toutes ces personnes seront sans emploi cet été.

L’élaboration et la mise en œuvre des dispositifs sanitaires vont générer des coûts importants pour les employeurs·ses. Afin d’éviter d’entamer les budgets culturels déjà menacés par la récession économique à venir, l’indemnisation de ces surcoûts est indispensable.

L’ensemble de ces mesures permettra à toutes les personnes touchées par cette crise de ne pas se retrouver à l’aide sociale, évitera la perte de compétence dans notre secteur et permettra à la culture romande de retrouver ses publics et toute sa vitalité.

Signataires:

  • AROPA — Association Romande de la Production Audiovisuelle
  • SSRS — Syndicat Suisse Romande du Spectacle
  • ARF-FDS — Association Suisse des Scénaristes et Réalisateurs·trices de Films
  • Fonction:Cinéma
  • SSFV — Syndicat Suisse Film & Vidéo
  • FCMA — Fondation Romande Pour la Chanson et les Musiques Actuelles
  • artos — Association Romande Technique Organisation Spectacle
  • Action Intermittence
  • FRAS — Fédération Romande des Arts de la Scène

Cette tribune a été initialement publiée dans Le Temps le 14 mai 2020.

Think Tank Cultu[re]mix: la presse en parle!

Florence Grivel présentait le Think Tank, lancé par Culture Enjeu la semaine dernière dans l’émission culturelle de la RTS, Vertigo.

Philippe Bischof, directeur de la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia, et Fosca Tóth, gestionnaire dans le secteur culturel, expliquent en quoi cette initiative est importante.

En réécoute ici

Hommage à Francis Reusser par son ami Christophe Gallaz

Éloge du regard parti

par Christophe Gallaz

Mort du cinéaste il y a quelques jours à Bex, à l’âge de 78 ans. De celui qui tourna le très godardien Antoine et Cléopâtre puis Vive la mort, Biladi/Une Révolution, Le Grand Soir, Seuls, Derborence, La Loi sauvage, Jacques et Françoise, La Guerre dans le Haut-Pays, Les printemps de notre vie, Voltaire et l’affaire Calas, Ma nouvelle Héloïse et La Terre promise. Et maintes émissions documentaires pour la Télévision suisse romande elles-mêmes escortées de plusieurs œuvres brèves, parfois vite faites sur le gaz, comme on dit dans les cuisines. C’est-à-dire relevant d’une veine artisanale ne nuisant guère à leur fulgurance, comme ce Voir le voir en hommage à la peintre Émilienne Farny, propulsé dans l’espace public quelques décades à peine après la mort de cette artiste en 2014.

Une trajectoire productive, donc, au cours de laquelle sa personne et ses travaux auront côtoyé l’existence du public et de ses amis pour les enrichir de leur aura, comme ce le fut pour moi. Les enrichir par le moyen d’une présence attentive et généreuse qui se manifestait par intermittence au fil du calendrier, au hasard du non-hasard de la relation durable: selon les circonstances, les programmes de réjouissances conversationnelles ou dînatoires, ou les collaborations à mettre en place. Ou les enrichir par le moyen de son verbe, qu’il émettait de manière douce et néanmoins ponctuée, sur un mode d’autoallumage rhétorique fluvial, d’embardées contestatrices et de mises en perspectives subversives récurrentes oscillant entre l’enthousiasme et la désillusion.

Francis, en effet, n’avait de regard que pour le paysage de la nature et pour celui de la Cité modelée par l’Histoire façonnée non seulement par le peuple, mais aussi par ces architectes insignes du regard et de la pensée que sont les peintres, les essayistes et les écrivains. Telle fut sa façon d’être au monde et de le refaire sans relâche à sa manière, comme une Pénélope qui tisserait inlassablement sa toile sous les signes croisés de la ruse et de la sincérité. Visiter grâce au pouvoir de sa propre langue (qu’il avait belle) les sédiments patrimoniaux les plus altiers pour en tirer des images savantes et soyeuses captées parfois jusque dans leur brutalité, tel fut son noble exercice. Je n’aperçois pas, dans le paysage actuel du cinéma romand, de dons en éventail comparable.

La politisation râleuse et tranchante, le goût des dramaturgies nettes imprégnées de classicisme, et surtout le besoin de ne jamais se taire peut-être surgi d’une jeunesse en tumulte, lui seront restés continûment. Comme celui de rendre hommage aux grandes figures de l’art puisqu’il acheva, l’été passé, un scénario prenant pour thème la figure et le travail de Ferdinand Hodler. Terminus d’une œuvre avant sa dernière étape, donc, ou plutôt d’une avant-dernière, puisqu’il évoqua voici quelques mois, à l’adresse de la conseillère d’État Cesla Amarelle lui remettant le Grand Prix de la Fondation vaudoise pour la Culture, la mise en chantier d’un nouveau texte. Non sans me chercher du regard au milieu du public assistant à la cérémonie puis lancer à la cantonade:

– Et Christophe Gallaz, il est ici?

M’apercevant alors qui levait le bras dans la foule et se retournant vers la magistrate, il lui fit dans un sourire:

– Eh bien même celui-là, Madame, il n’a qu’à bien se tenir, vous verrez!

Se tenir? On essaie, Francis.

Les milieux de la presse lancent un appel aux autorités fédérales et cantonales

Réunis en comité d’urgence début avril, les représentant·e·s des associations et les syndicats de journalistes, ont appelé les pouvoirs publics à prendre conscience des conséquences désastreuses de la crise du coronavirus qui touche la presse et demandent la création d’un fond d’aide aux médias.

«Urgence pour la démocratie : Sauvons le journalisme et les médias !»

La pandémie du coronavirus précipite l’industrie des médias suisses dans une des pires crises de son histoire. Le secteur, déjà fortement précarisé par la fuite d’une grande partie de ses revenus vers les plateformes digitales mondialisées, voit aujourd’hui, en plein confinement, ses revenus publicitaires s’effondrer. La survie de nombreux titres de la presse, de radios et télévisions locales et de sites journalistiques est en jeu.

Dans ce contexte, nous appelons les pouvoirs publics – Conseil fédéral, Parlement fédéral et cantons – à prendre conscience des effets politiques et sociaux désastreux d’une telle situation et à entrer en action, afin de permettre aux éditeurs, aux journalistes, employés
ou indépendants, et à toutes les professions qui dépendent de l’industrie des médias, d’accomplir leur mission. Jamais le public n’a eu autant besoin d’informations vérifiées et fiables. Il faut agir sans attendre, prendre des mesures de toute urgence pour soutenir
massivement une branche essentielle à notre démocratie participative. Il faut aussi préparer l’avenir et les moyens à mettre en vigueur.

Sans tarder, nous demandons à la Confédération de créer un fonds d’aide urgente aux médias afin qu’ils puissent poursuivre leur travail journalistique. Les autorités doivent augmenter l’aide à la distribution des journaux, postale ou privée, assurer la sauvegarde
des imprimeries, des titres et des stations d’importance systémique pour leur région, des agences de presse, des plateformes et sites en ligne, et le financement d’enquêtes et de reportages de journalistes, d’auteurs documentaires et d’autres fournisseurs de contenus,
par la création d’un fonds de soutien et une bourse dédiés à l’enquête et au reportage.

Pour l’après-crise, et sans perdre de temps non plus, il s’agira de repenser le modèle d’aide publique à la presse, écrite, numérique et audiovisuelle. Le secteur des médias privés a été totalement bouleversé ces dernières années et a perdu son modèle d’affaires, basé sur la publicité. Aussi faudra-t-il très rapidement, outre la garantie des prestations du service public et celle de pouvoir compenser ses pertes de revenus publicitaires, consacrer le surplus de la redevance audiovisuelle, complété par la Confédération et les cantons, à un tel fonds d’aide à la presse privée et aux indépendants.

Journalisme, presse et médias sont des piliers indispensables de la démocratie directe suisse et doivent pouvoir compter sur un socle économique minimum pour accomplir leur mission. Ces branches doivent aussi garantir un journalisme de qualité, respectueux de
l’éthique de la profession, pour répondre au mieux à la grande mutation technologique qui les concerne et assurer leur rôle de cohésion sociale.

2 avril 2020

impressum – Les journalistes suisses,  Dr. Franca Siegfried, présidente
Investivativ.ch – Martin Stoll, vice-président
Media Forti – Prof. Manuel Puppis, président      
Médias d’avenir – Camille Roseau, vice-président
Médias pour tous – Frédéric Gonseth, président
Reporters sans frontières – Gérard Tschopp, président
SSM – Jérôme Hayoz, secrétaire central  
syndicom – syndicat des médias et de la communication – Stéphanie Vonarburg, vice-présidente

COVID-19: les milieux culturels se mobilisent

Touchés de plein fouet par les mesures de sécurité sanitaire visant à diminuer la propagation du virus COVID-19, les milieux culturels se mobilisent tour à tour depuis plusieurs semaines. Arts-vivants, musique, arts visuels, cinéma, festivals, tous se voient ainsi fragilisés financièrement par les annulations successives de leurs évènements.

Ne remettant pourtant à aucun moment donné ces mesures, qui visent à protéger l’ensemble de la population, les acteurs et actrices culturels s’activent pour élaborer ensemble des messages adressés aux politiques afin de mettre en place des mesures d’aides financières urgentes. A ce même titre, les associations professionnelles et les syndicats sont sur le pont depuis le premier jour de cette crise pour défendre et assurer des indemnisations et les protections des milliers de travailleurs et travailleuses, souvent indépendant·e·s et déjà en situation précaire, se voyant contraint·e·s de perdre une bonne partie de leurs contrats.

CultureEnJeu propose un tour d’horizon, régulièrement actualisé, des différentes demandes adressées aux autorités pour sauver le secteur culturel et des pétitions qui ont pu être lancées à l’initiative des représentant·e·s des domaines artistiques. Dossier que la rédaction ne manquera pas de suivre attentivement ces prochaines semaines pour y revenir dans le prochain numéro.

Communiqués de presse et comptes rendus

Pétitions et sondages

L’association ARTOS tient également à jour les informations concernant le Covid-19 et les mesures économiques.

Le collectif «La bûche» illustre le numéro 65

Le collectif féminin « La bûche » s’empare de la publication et illustre les articles du numéro 65 consacré aux femmes artistes.

Fanzine collectif lancé en 2015 sur la base du constat que la bande dessinée était encore un milieu massivement masculin, La bûche a pour objectif de donner de la visibilité et encourager la rencontre des dessinatrices de Suisse romande pratiquant la BD. Elle est désormais devenue un réseau informel de près de 70 créatrices de BD.

Les quatre premières années, elle a rassemblé 17 nouvelles contributrices sur un thème libre. À partir du cinquième volume, elle devient thématique, et au volume annuel s’ajoutent des Bûchettes, fanzines de petit format réunissant deux autrices en récits tête-bêche. Autour du fanzine ont lieu de nombreux événements, hors- séries et collaborations.

Les illustratrices ayant participé au numéro 65:
Léandre Ackermann, Marie-Morgane Adatte, Laura Dudler, Malizia Moulin

Malizia Moulin

Laura Dudler
Marie-Morgane Adatte
Laura Dudler
Léandre Ackermann

Motion Savary: une occasion à saisir

Lettre de lecteur publiée dans le 24 Heures et la Tribune de Genève le 28 février 2020

Le 10 mars prochain, le Conseil national se prononcera sur la motion déposée par l’ancienne Conseillère aux États, Géraldine Savary. Acceptée lors de la session d’automne 2019 par les sénatrices et les sénateurs à une confortable majorité, cette motion propose la création d’une base légale permettant l’affectation des recettes liées à l’attribution des fréquences de la 5G dans un fonds d’accompagnement de la transition numérique. Ce sont en effet 380 millions qui ont été encaissés par la Confédération à cette occasion. Cette recette exceptionnelle risque aujourd’hui d’être diluée dans le ménage fédéral ou de ne servir qu’au remboursement de la dette…

Lire aussi: Fonds de numérisation, la motion Savary en bonne voie — Frédéric Gonseth

En cas d’acceptation de la motion Savary par le parlement, cette manne financière pourrait au contraire être utilisée pour répondre aux nombreux défis posés par la digitalisation croissante de notre société. Nous pensons en particulier à l’encouragement de l’innovation numérique dans le domaine des médias, à la numérisation de la création audiovisuelle de la Suisse ou à un soutien de programmes de formation continue au niveau de la Confédération. Les cantons, en manque de moyens, pourraient également bénéficier de ce fonds afin de numériser leurs archives culturelles.

Lire aussi: L’argent de la 5G compensera certains de ses dégâts culturels — Entretien avec Géraldine Savary par Frédéric Gonseth

Dans le domaine de l’audiovisuel, il s’agirait d’investir dans un véritable programme de numérisation du patrimoine audiovisuel suisse afin de le rendre à nouveau accessible au public, suivant ainsi l’exemple des pays nordiques, de l’Allemagne ou de la France. Faute de moyens adéquats, celui-ci dort dans les magnifiques locaux de la Cinémathèque suisse ou sur les étagères des producteurs, par manque de supports adaptés aux normes actuelles de diffusion.

En bref, l’acceptation de la motion Savary permettrait d’investir de façon conséquente dans l’accompagnement de la transition numérique. Pour une fois, les moyens financiers sont là, à portée de main. Il serait malheureux de ne pas saisir cette occasion.

Gérard Ruey
Secrétaire général de Cinéforom
Président de l’Association Alain Tanner (AAT)

Lettre de lecteur publiée dans le 24 Heures et la Tribune de Genève le 28 février 2020

Le Conseil fédéral adopte le Message culture 2021-2024

Lors de sa séance du 26 février 2020, le Conseil fédéral a adopté le Message concernant l’encouragement de la culture pour la période 2021 à 2024 et l’a transmis au Parlement.

Trois axes d’action, guidant la politique culturelle fédérale ont été défini pour la première fois: «participation culturelle», «cohésion sociale» et «création et innovation». « S’il privilégie la continuité, le Conseil fédéral veut aussi mettre un accent particulier sur les défis et les opportunités liés à la transformation numérique. »

« Le Conseil fédéral souhaite également contribuer à instaurer une culture du bâti de qualité par des mesures appropriées et il veut promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde de la culture. »

En ce qui concerne le cinéma, le communiqué de Conseil Fédéral annonce que « s’il privilégie la continuité, le Conseil fédéral veut aussi mettre un accent particulier sur les défis et les opportunités liés à la transformation numérique. Il envisage ainsi d’obliger les fournisseurs de films en ligne à investir dans le cinéma suisse indépendant. Les diffuseurs de télévision nationaux et de programmes télévisuels destinés aux régions linguistiques sont déjà soumis à cette obligation. En outre, les plateformes en ligne devront proposer au moins 30 % de films européens. Le Conseil fédéral souhaite également créer les conditions pour que les films soutenus par la Confédération soient plus accessibles au public après leur exploitation commerciale. »

Lire le communiqué du Conseil Fédéral

Lire le message culture complet ainsi approuvé

Lire le rapport sur les résultats de la consultation sur le Message Culture