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Les mesures d’aides vous-ont-elles été utiles? Sondage

Afin d’améliorer et de mieux défendre les mesures de soutien pour l’ensemble du secteur culturel, la Task Force Culture Romande lance un sondage.

Que vous ayez fait appel aux aides (RHT, APG, indemnités, etc.) ou non, que vous ayez eu une bonne ou une mauvaise expérience, prenez 5min pour y répondre!

Vous êtes un·e artistes, administrateur·trice, technicien·ne, acteur·trice culturel·le?
Remplissez ce sondage: https://fr.surveymonkey.com/r/TFCR_acteurs

Vous êtes une société de production, un lieu, une manifestation, une compagnie, une association, une fondation ou une entreprise culturelle?
Remplissez ce sondage: https://fr.surveymonkey.com/r/TFCR_entreprises

Plus d’informations sur la Task Force Culture Romande

L’OFS et l’OFC publient une nouvelle étude sur les retombées économiques du secteur culturel: 63 000 entreprises et 15 milliards de francs de valeur ajoutée

Réalisée en accord avec l’Office fédéral de la culture (OFC), une nouvelle étude publiée par l’Office fédéral de la statistique (OFS) révèle que la culture représente 2,1% du PIB, soit une valeur ajoutée de 15 milliards de francs.

Au total plus de 300 000 travailleurs et travailleuses culturels.lles, dont le niveau de formation est supérieur à la moyenne et avec une proportion de femmes plus élevée que dans l’économie générale, contribuent à l’économie nationale.

Lire le communiqué de presse

Appel au Conseil national : garder la cohésion du train de mesures en faveur des médias

Le paysage médiatique suisse est marqué par une profonde mutation structurelle sous l’effet de la numérisation. Mais les rabais sur la distribution postale ne suffiront pas à faire face à cette transformation s’ils ne sont pas accompagnés d’un soutien aux médias en ligne. 

La décision de la Commission des transports et des télécommunications du Conseil national (CTT-N) de scinder le train de mesures en faveur des médias est donc totalement incompréhensible.

La démocratie suisse ne se conçoit pas sans un journalisme qui fonctionne et des citoyens bien informés. La décision de la CTT-N n’a de sens que pour le maintien de la structure des journaux imprimés qui atteignent de moins en moins de lecteurs. Un soutien aux médias tourné vers l’avenir doit servir autant les médias en ligne que les médias imprimés.

Ce n’est pas l’avis du conseiller national Christian Wasserfallen, qui affirme, dans le Tages-Anzeiger/Bund, que les médias en ligne « n’ont pas besoin de soutien » : une déclaration qui n’a rien à voir avec la réalité économique que subissent les médias. Quant au conseiller national Philipp Kutter, il affirme, dans la Republik : « l’indépendance du quatrième pouvoir est menacée ». Même s’il ne fournit pas la moindre preuve scientifique pour l’étayer.

« media FORTI » demande donc au Conseil national de garder la cohésion du paquet d’aide aux médias et de voter contre la mise à l’écart du soutien aux médias en ligne.

Le train de mesures renforce la concurrence, la diversité et l’innovation dans le secteur des médias et fait l’objet également d’un soutien sans faille de toutes les associations professionnelles.

L’association « media FORTI » n’est liée à aucun parti et aucune organisation professionnelle. Elle s’engage pour des médias forts au service du public et est animée par des personnalités du journalisme, de l’éducation aux médias, de la culture et de la science.

Site web :      www.mediaforti.ch

E-Mail : info@mediaforti.ch

Créer dans le brouillard

© Jean-Patric Di Silvestro / Le Courrier

Secrétaire syndicale et membre du comité de l’association de CULTURE ENJEU, Anne Papilloud s’inquiète de l’impact des mises en quarantaine sur la reprise déjà fragile des activités culturelles.

Le couperet est tombé : les « grands rassemblements » seront à nouveau autorisées dès le 1er octobre sous strictes conditions et les autorisations seront du ressort des cantons. Elles seront notamment conditionnées à la situation épidémiologique du canton, à sa capacité de traçage et à un plan de protection dont les contours seront connus le 2 septembre.

A cette situation déjà terriblement compliquée s’ajoute la question des quarantaines. Que se passe-t-il si un ou plusieurs interprètes sont mis en quarantaine pendant la période de création ou de représentations ? Dans la plupart des cas il ne sera pas possible de reporter les représentations. Et c’est alors un jeu de domino qui commence : qui va payer dans cette situation ?

Aujourd’hui les acteur.e.s culturels doivent donc recommencer à créer, à produire de la culture, du lien social, du rêve, dans une situation d’incertitude totale. Incertitude « artistique » : se donner corps et âme pour un projet dont on sait qu’il ne verra peut-être jamais le jour, qu’il ne pourra peut-être pas rencontrer son public, demande un optimisme et une volonté immense. Mais à cette difficulté s’ajoute donc les risques financiers.

Aujourd’hui il paraît peu probable qu’une assurance privée prenne en charge ces coûts liés aux annulations. Dans certains pays, l’Etat a mis sur pied, à la demande des producteur.e.s des systèmes de compensation des pertes. C’est nécessaire pour pouvoir imaginer une reprise des activités culturelles.

Dans son message qui accompagne la Loi Covid, qui sera discutée au Parlement à la rentrée de septembre, le Conseil Fédéral dit qu’un « des objectifs consistera à atténuer la pression financière que subissent les entreprises culturelles, afin d’éviter autant que faire se peut la faillite d’acteurs importants de la politique culturelle. ». C’est louable mais insuffisant. Il faut aussi faire tout ce qui est nécessaire pour éviter la faillite de tous les acteur.e.s de la politique culturelle. Tous les maillons de la chaîne sont nécessaires pour que la production culturelle suisse puisse retrouver son public !

Anne Papilloud, secrétaire syndicale et membre du comité de CULTURE ENJEU

Article à retrouver dans sa version longue dans le numéro de septembre de CULTURE ENJEU.

Exposition – Roland R. Favre à la Maison de la Culture, Savièse

HIVER, encre, 30x20cm, 2020, Roland R.Favre
[ contenu sponsorisé ]

Exposition d’encres, d’aquarelles et de collages de l’artiste Roland R.Favre à la Maison de la Culture, Savièse, du 14 août au 18 octobre

« Ouverture vers le haut »

C’est à travers ce thème céleste que l’artiste peintre valaisan Roland R. Favre a choisi de faire son retour pour présenter une soixantaine de ses nouvelles œuvres. Inaugurés à l’occasion d’une exposition à la Maison de la Culture de Savièse, ses encres, aquarelles et collages seront exposés aux côtés de plusieurs carnets de route de l’artiste ainsi que trois de ses livres. Des visites guidées sont également prévues pour venir à la rencontre de l’artiste et de son univers pictural et littéraire. Un intermède musical viendra ponctuer l’exposition le samedi 5 septembre.

Fin observateur des saisons et de la nature, et en constant renouvellement artistique, Roland R. Favre s’empare de la matière en faisant dialoguer peinture, écriture et poésie nous livrant ainsi une cartographie du monde imagé entre visible et invisible. Une cartographie de son espace créatif qui déborde et qu’il borde afin de laisser en apparence, l’être intérieur créatif habiter l’œuvre.

BLUE MAYENS, HIVER, encre 30x20cm, 2020
photo©studiobonnardotsion
BLUE MAYENS, HIVER, encre 30x20cm, 2020
photo©studiobonnardotsion

 Peindre c’est pour moi une correspondance poétique avec l’ouvert, l’infini.
Cette correspondance et ce dialogue avec le monde créent des voies d’accès, des passerelles conjugant réel et imaginaire, associant actes de voir et de percevoir. Saisir ces moments privilégiés fascinaient déjà Héraclite et ont généré des relations organiques entre craies et couleurs, plumes et pinceaux, main et pensée…
Ainsi la création est une forme personnelle de dialogue avec le monde, une médiatrice entre pensée et réalité. Entre Mark Rothko et Lee Ufan a été générée une dynamique des espaces ouverts, des mondes de résonances.
A travers les siècles, cette philosophie a engendré des moments artistiques sans limites dans le monde entier.
Rencontres avec le monde, la nature, les choses, tel pourrait se définir l’acte
créatif du philosophe, du peintre et du poète. Il s’agit avant tout de percevoir
le visible et l’invisible, ceci non seulement une seule fois mais de façon répétitive. Pour conclure, répétons avec Alberto Giacometti “Refaire chaque jour l’immémoriale invention qui restera toujours à faire”. 

Roland R. Favre 6.1.2020

MAYEN, encre 20x30cm, 2020
photo©studiobonnardotsion

«Ouverture vers le haut» du 14 août au 18 octobre 2020
Du jeudi au dimanche de 14h à 18h – Entrée gratuite

Finissage le 18 octobre dès 15h00

Visites guidées de l’artiste
5 septembre – 3 octobre à 18h00

Intermède musical
Samedi 5 septembre à 19h00
Avec Lina Luzzi, violoncelle et Anaïs Soucaille, violon

Visite en patois en présence de l’artiste
Vendredi 18 septembre à 18h00
Par la Fondation Bretz-Héritier

Les cinéastes suisses racontent le «lockdown»

Trois producteurs suisses, dont Frédéric Gonseth, ont voulu permettre à 80 cinéastes d’offrir leur vision de la pandémie et du confinement qui l’accompagne. 33 projets mêlant divers genres, du documentaire à l’essai en passant par la fiction, ont été sélectionnés et réalisés avec les moyens du bord. Avec le soutien de l’Office fédéral de la culture et Cinéforom (avec la Loterie Romande et les cantons romands).
source rts.ch

Voir les films de la collection «Lockdown»

Interview de Frédéric Gonseth, réalisateur-producteur, président de l’Association CULTURE ENJEU.

La production culturelle romande dans le brouillard face à la reprise

Dans une tribune publiée dans Le Temps neuf associations professionnelles du cinéma, des arts vivants et de la musique appellent les autorités à une concertation avec les milieux culturels pour développer des mesures d’accompagnement de la reprise en particulier dans le domaine de la création et de la production.

Le domaine culturel, durement frappé par la pandémie, est caractérisé par le travail indépendant, intermittent et la précarité de l’emploi. La perte de contrats et de revenus constitue une menace importante. Les associations professionnelles romandes invitent les cantons à poursuivre le dialogue pour trouver des solutions.

La Suisse romande est riche en festivals, musées, théâtres et institutions culturelles. C’est un pôle de création et de production artistique fort. Toute démarche qui vise à améliorer les mesures actuelles de soutien de la Confédération ou en proposer de nouvelles devra passer par une concertation avec les cantons pour garantir une élaboration et une mise en œuvre qui corresponde à la réalité du monde culturel dans chaque région.

Alors que le dé-confinement a démarré en Suisse, une grande incertitude règne encore sur le domaine culturel, en particulier la production artistique. Chaque association professionnelle doit élaborer un concept sanitaire permettant de redémarrer. Le domaine culturel est composé d’une telle diversité de métiers qu’il faudra se concerter entre différentes associations pour éviter des incohérences sur des projets qui impliquent plusieurs secteurs ou des collaborations internationales. Nous sommes prêt·e·s à relever ce défi, mais pour empêcher l’effondrement de la production culturelle romande il est impératif que ces plans sanitaires aillent de pair avec l’évaluation des mesures de soutien pendant la crise et l’élaboration de mesures de relance.

Les modes d’élaboration des œuvres (préproduction, production, postproduction et diffusion) induisent un processus dont l’arrêt aura des effets dans la durée. Inutile d’ouvrir un théâtre le 8 juin, si la saison est terminée et que les compagnies n’ont pas pu créer ni répéter leurs œuvres. Inutile d’autoriser un festival, si les artistes étrangers sont encore en confinement dans leur pays. Impossible de commencer la post-production des films qui prendront encore plusieurs mois à être tournés. Il faut trouver des solutions pour que la culture continue à bénéficier de mesures de soutien.

Proposer des mesures adéquates pour les salarié·e·s intermittent·e·s sera plus que nécessaire car toute activité aura été impossible. Pour ce qui est des indépendant·e·s nous pensons, par exemple, que calculer les APG sur les trois dernières années, et non pas seulement la dernière, serait plus adapté et équitable. Il est courant dans la culture d’avoir des revenus fluctuants d’une année à l’autre. Il faudrait inclure les frais professionnels dans les calculs APG. Ce n’est pas parce qu’un·e professionnel·le ne peut plus travailler que le loyer de son atelier ou les frais d’entretien du matériel ne sont pas effectifs.

Pour la relance, il faudra développer des mesures au-delà des aides bienvenues que la Confédération et les cantons ont d’ores et déjà mises en place. Dans notre secteur, les contrats de courte durée sont la norme et en temps normal de nouveaux projets – et donc de l’emploi – se seraient concrétisés à cette période. Les festivals d’été annulés n’avaient pas encore établi les contrats pour les personnes nécessaires à leur fonctionnement. Ces contrats ne peuvent pas être indemnisés puisqu’ils n’ont jamais été établis. Pourtant, toutes ces personnes seront sans emploi cet été.

L’élaboration et la mise en œuvre des dispositifs sanitaires vont générer des coûts importants pour les employeurs·ses. Afin d’éviter d’entamer les budgets culturels déjà menacés par la récession économique à venir, l’indemnisation de ces surcoûts est indispensable.

L’ensemble de ces mesures permettra à toutes les personnes touchées par cette crise de ne pas se retrouver à l’aide sociale, évitera la perte de compétence dans notre secteur et permettra à la culture romande de retrouver ses publics et toute sa vitalité.

Signataires:

  • AROPA — Association Romande de la Production Audiovisuelle
  • SSRS — Syndicat Suisse Romande du Spectacle
  • ARF-FDS — Association Suisse des Scénaristes et Réalisateurs·trices de Films
  • Fonction:Cinéma
  • SSFV — Syndicat Suisse Film & Vidéo
  • FCMA — Fondation Romande Pour la Chanson et les Musiques Actuelles
  • artos — Association Romande Technique Organisation Spectacle
  • Action Intermittence
  • FRAS — Fédération Romande des Arts de la Scène

Cette tribune a été initialement publiée dans Le Temps le 14 mai 2020.

Think Tank Cultu[re]mix: la presse en parle!

Florence Grivel présentait le Think Tank, lancé par Culture Enjeu la semaine dernière dans l’émission culturelle de la RTS, Vertigo.

Philippe Bischof, directeur de la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia, et Fosca Tóth, gestionnaire dans le secteur culturel, expliquent en quoi cette initiative est importante.

En réécoute ici

Hommage à Francis Reusser par son ami Christophe Gallaz

Éloge du regard parti

par Christophe Gallaz

Mort du cinéaste il y a quelques jours à Bex, à l’âge de 78 ans. De celui qui tourna le très godardien Antoine et Cléopâtre puis Vive la mort, Biladi/Une Révolution, Le Grand Soir, Seuls, Derborence, La Loi sauvage, Jacques et Françoise, La Guerre dans le Haut-Pays, Les printemps de notre vie, Voltaire et l’affaire Calas, Ma nouvelle Héloïse et La Terre promise. Et maintes émissions documentaires pour la Télévision suisse romande elles-mêmes escortées de plusieurs œuvres brèves, parfois vite faites sur le gaz, comme on dit dans les cuisines. C’est-à-dire relevant d’une veine artisanale ne nuisant guère à leur fulgurance, comme ce Voir le voir en hommage à la peintre Émilienne Farny, propulsé dans l’espace public quelques décades à peine après la mort de cette artiste en 2014.

Une trajectoire productive, donc, au cours de laquelle sa personne et ses travaux auront côtoyé l’existence du public et de ses amis pour les enrichir de leur aura, comme ce le fut pour moi. Les enrichir par le moyen d’une présence attentive et généreuse qui se manifestait par intermittence au fil du calendrier, au hasard du non-hasard de la relation durable: selon les circonstances, les programmes de réjouissances conversationnelles ou dînatoires, ou les collaborations à mettre en place. Ou les enrichir par le moyen de son verbe, qu’il émettait de manière douce et néanmoins ponctuée, sur un mode d’autoallumage rhétorique fluvial, d’embardées contestatrices et de mises en perspectives subversives récurrentes oscillant entre l’enthousiasme et la désillusion.

Francis, en effet, n’avait de regard que pour le paysage de la nature et pour celui de la Cité modelée par l’Histoire façonnée non seulement par le peuple, mais aussi par ces architectes insignes du regard et de la pensée que sont les peintres, les essayistes et les écrivains. Telle fut sa façon d’être au monde et de le refaire sans relâche à sa manière, comme une Pénélope qui tisserait inlassablement sa toile sous les signes croisés de la ruse et de la sincérité. Visiter grâce au pouvoir de sa propre langue (qu’il avait belle) les sédiments patrimoniaux les plus altiers pour en tirer des images savantes et soyeuses captées parfois jusque dans leur brutalité, tel fut son noble exercice. Je n’aperçois pas, dans le paysage actuel du cinéma romand, de dons en éventail comparable.

La politisation râleuse et tranchante, le goût des dramaturgies nettes imprégnées de classicisme, et surtout le besoin de ne jamais se taire peut-être surgi d’une jeunesse en tumulte, lui seront restés continûment. Comme celui de rendre hommage aux grandes figures de l’art puisqu’il acheva, l’été passé, un scénario prenant pour thème la figure et le travail de Ferdinand Hodler. Terminus d’une œuvre avant sa dernière étape, donc, ou plutôt d’une avant-dernière, puisqu’il évoqua voici quelques mois, à l’adresse de la conseillère d’État Cesla Amarelle lui remettant le Grand Prix de la Fondation vaudoise pour la Culture, la mise en chantier d’un nouveau texte. Non sans me chercher du regard au milieu du public assistant à la cérémonie puis lancer à la cantonade:

– Et Christophe Gallaz, il est ici?

M’apercevant alors qui levait le bras dans la foule et se retournant vers la magistrate, il lui fit dans un sourire:

– Eh bien même celui-là, Madame, il n’a qu’à bien se tenir, vous verrez!

Se tenir? On essaie, Francis.

Les milieux de la presse lancent un appel aux autorités fédérales et cantonales

Réunis en comité d’urgence début avril, les représentant·e·s des associations et les syndicats de journalistes, ont appelé les pouvoirs publics à prendre conscience des conséquences désastreuses de la crise du coronavirus qui touche la presse et demandent la création d’un fond d’aide aux médias.

«Urgence pour la démocratie : Sauvons le journalisme et les médias !»

La pandémie du coronavirus précipite l’industrie des médias suisses dans une des pires crises de son histoire. Le secteur, déjà fortement précarisé par la fuite d’une grande partie de ses revenus vers les plateformes digitales mondialisées, voit aujourd’hui, en plein confinement, ses revenus publicitaires s’effondrer. La survie de nombreux titres de la presse, de radios et télévisions locales et de sites journalistiques est en jeu.

Dans ce contexte, nous appelons les pouvoirs publics – Conseil fédéral, Parlement fédéral et cantons – à prendre conscience des effets politiques et sociaux désastreux d’une telle situation et à entrer en action, afin de permettre aux éditeurs, aux journalistes, employés
ou indépendants, et à toutes les professions qui dépendent de l’industrie des médias, d’accomplir leur mission. Jamais le public n’a eu autant besoin d’informations vérifiées et fiables. Il faut agir sans attendre, prendre des mesures de toute urgence pour soutenir
massivement une branche essentielle à notre démocratie participative. Il faut aussi préparer l’avenir et les moyens à mettre en vigueur.

Sans tarder, nous demandons à la Confédération de créer un fonds d’aide urgente aux médias afin qu’ils puissent poursuivre leur travail journalistique. Les autorités doivent augmenter l’aide à la distribution des journaux, postale ou privée, assurer la sauvegarde
des imprimeries, des titres et des stations d’importance systémique pour leur région, des agences de presse, des plateformes et sites en ligne, et le financement d’enquêtes et de reportages de journalistes, d’auteurs documentaires et d’autres fournisseurs de contenus,
par la création d’un fonds de soutien et une bourse dédiés à l’enquête et au reportage.

Pour l’après-crise, et sans perdre de temps non plus, il s’agira de repenser le modèle d’aide publique à la presse, écrite, numérique et audiovisuelle. Le secteur des médias privés a été totalement bouleversé ces dernières années et a perdu son modèle d’affaires, basé sur la publicité. Aussi faudra-t-il très rapidement, outre la garantie des prestations du service public et celle de pouvoir compenser ses pertes de revenus publicitaires, consacrer le surplus de la redevance audiovisuelle, complété par la Confédération et les cantons, à un tel fonds d’aide à la presse privée et aux indépendants.

Journalisme, presse et médias sont des piliers indispensables de la démocratie directe suisse et doivent pouvoir compter sur un socle économique minimum pour accomplir leur mission. Ces branches doivent aussi garantir un journalisme de qualité, respectueux de
l’éthique de la profession, pour répondre au mieux à la grande mutation technologique qui les concerne et assurer leur rôle de cohésion sociale.

2 avril 2020

impressum – Les journalistes suisses,  Dr. Franca Siegfried, présidente
Investivativ.ch – Martin Stoll, vice-président
Media Forti – Prof. Manuel Puppis, président      
Médias d’avenir – Camille Roseau, vice-président
Médias pour tous – Frédéric Gonseth, président
Reporters sans frontières – Gérard Tschopp, président
SSM – Jérôme Hayoz, secrétaire central  
syndicom – syndicat des médias et de la communication – Stéphanie Vonarburg, vice-présidente